Dévadé, c’est l’histoire de Bottom et des autres Juba, Bruno, la Patronne et la voisine. Durant l’hiver, à Montréal, on ne sait pas exactement quand. C’est l’engouffrement de Bottom dans sa vie-poubelle, dans son amour pour Juba qui ne l’aime pas, dans son rôle auprès de sa Patronne. Il saute à pied joint dans sa vie, malgré tout. Il le sait, mais continue de se détruire. Dévadé, c’est un texte de Réjean Ducharme avec sa langue colorée et crasseuse et sa poésie touchante jouée par des acteurs excellents et mise en scène par Marianne Marceau avec finesse.
La lecture se finie, j’ai les yeux baignés de larmes, je souris. Le projet de Marceau a porté fruit, elle a rendu hommage au texte avec justesse et a ainsi partagé un peu de la folie de Ducharme à travers un texte extrêmement beau. Les acteurs ont campé leur rôle. Ils étaient sans faille. Ils reflétaient le mal de vivre, le questionnement, l’amour. Pour la presque heure que ça a duré, j’ai vu défilé devant moi la vie de Bottom et des gens qui parsèment son parcours. Et la musique du bachelier Frédéric Brunet était à point. Tout était en place pour nous faire entrer dans l’univers de Ducharme et nous y prendre. J’étais amoureuse. De Ducharme, de Marceau, du Studio P, de Bottom. Et c’est là que c’est arrivé, quand je m’y attendais le moins, je me suis coincée le pied dans le piège à ours de la littérature, dans les crocs de Réjean Ducharme.

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